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Se
fondant sur des écrits relatant le départ de nombreux Alsaciens
pour les Antilles lors de la guerre de 1870, il a retrouvé trace
de cette tradition choucroutière dans les îles. La nostalgie
fait des miracles. Et comme il n'y avait guère de choux, ils
ont imaginé adapter les produits locaux pour élaborer un plat
qui leur rappelait leurs origines. C'est ainsi que la choucroute
créole est née.
Pour assister à la naissance de ce nouveau plat dans notre région,
une table de dégustateurs, Roger Siffer et son équipe de la
Choucrouterie en tête, avait été dressée. Après une entrée rafraîchissante,
arriva le plat fort attendu.
Une
pantagruélique choucroute, composée de choucroute de papayes
vertes, de saucisses boucanées, de boudins antillais et de lard
frais salé. Pour faire bonne mesure, le cuisinier avait accompagné
le plat de patates douces et de songes, ces autres féculents
au nom poétique de la famille du manioc. Ne criez pas au scandale,
c'était absolument délicieux. D'autant que le plat était accompagné
d'un gewurztraminer Zinnkoepflé 98 de chez Léon Boesch.
La maison, qui existe depuis maintenant trois ans, évoque ces
établissements créoles où la joie de vivre est communicative.
Le patron, Omar Ghanam, ne s'y est pas trompé. Il a privilégié
une ambiance familiale et débonnaire. Pour cela il a fait appel
à un jeune Martiniquais originaire de Sainte Anne, Alain Majeri.
Depuis quelques années, ce jeune cuisinier a su approfondir
ses connaissances tout en préservant l'acquis de ses origines.
En salle, trois jeunes femmes, Cindy, Tickika et Andréa, sont
aux petits soins auprès de la clientèle. Et ce qui ne gâte rien,
en fin de semaine, on peut assister à des danses traditionnelles.
Aux amateurs de saveurs pimentées, nous conseillons quelques
plats de la carte, notamment le colombo de poulpe ou de cabri.
Avec des desserts de fruits pour se rafraîchir les papilles.
Un conseil, il faut aller sans attendre découvrir cette autre
facette de notre choucroute millénaire. C.D.
La
choucroute de papayes vertes
On
coupe très finement en lanières environ 5 kg de papayes vertes.
On dispose la préparation dans un pot en grès avec du sel, des
baies de genièvre, de coriandre, de piments jamaïquains et de
feuilles de laurier. Il faut laisser macérer pendant une bonne
quinzaine de jours. Ensuite on prépare comme n'importe quelle
autre choucroute traditionnelle avec de la charcuterie fumée et
salée, et à la bière comme il se doit. Mais on n'oubliera surtout
pas d'y ajouter les petits boudins antillais qui sont l'un des
ingrédients attractifs de ce plat.
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La Maison Créole, 44, rue Saint-Erhardt à Strasbourg * 03 88 84 62 62.
Fermé le dimanche midi.
© Dernières Nouvelles D'Alsace, Lundi 2 Octobre
2000.
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